L’hypnose et les hormones

GUÉRISON DU CORPS PAR L’HYPNOSE

L’hypnose influence les pensées qui influencent les hormones et notre corps tout entier.

Les hormones conditionnent l’humeur, le comportement et la corpulence, donc ce qui contribue au bien-être physique et émotionnel et influence aussi le risque de maladie.

Le concept d’hormones est maintenant davantage celui de messager chimique, agissant sur l’ensemble des cellules de l’organisme, dont les sites de secrétions sont multiples, que celui de substance de communication véhiculé uniquement par le sang. Par exemple, l’ocytocine sécrétée par l’hypothalamus se comporte comme une hormone et comme un neuromédiateur, qui fait d’elle l’hormone de l’attachement social et affectif. Même l’insuline est aussi produite dans le cerveau; la notion d’hormone peut s’étendre à différentes molécules « signal » qui véhiculent une information et agissent grâce à des récepteurs spécifiques;

L’activité des différentes hormones réalise un véritable ballet multidirectionnel qui explique que chaque molécule ne peut être considérée pour elle seule mais dans une globalité, contraire à tout traitement par des hormones ponctuelles et synthétiques. Les molécules de types monoamines, comme les hormones thyroïdiennes, les catécholamines et la mélatonine, sont directement actives lorsqu’elles sont produites. L’action hormonale consiste à donner un message à des récepteurs spécifiques ,déclenchant une réaction biologique particulière de la cellule cible.

Les catécholamines, qui sont avec le cortisol les principales hormones libérées sous l’effet du stress dépendent de l’activité du système nerveux végétatif :la stimulation du système sympathique par l’hypothalamus sous l’effet de situations stressantes déclenche leurs sécrétions au niveau des surrénales, sous forme d’adrénaline surtout et des terminaisons nerveuses sympathiques sous forme de noradrénaline.

L’hypothalamus est la zone du cerveau émotionnel qui fait le lien entre le système végétatif et le système endocrinien ; il reçoit des informations sensorielles et émotionnelles à partir du milieu extérieur, par l’intermédiaire du cortex cérébral et du système limbique, exerçant le rôle de régulateur primaire. En cas de stress par exemple, le système limbique , comprenant entre autre l’hyppocampe , le septum et l’amygdale, déclenche une réaction neurohormonale de l’hypothalamus qui se répercute sur les fonctions vitales, accélération du cœur, dilatation des bronches etc.L’hypothalamus sécrète non seulement des hormones de stimulation mais aussi des neuromédiateurs, comme la sérotonine, la noradrénaline, et la dopamine. L’hypophyse prolonge l’information neurosensorielle en sécrétant des hormones qui vont stimuler directement les glandes périphériques; les glandes surrénales, qui produisent les hormones du stress, principalement l’adrénaline et le cortisol sont sous la dépendance de l’hypophyse mais aussi du système nerveux végétatif.

Les hormones influencent également la sensation de bien-être physique et mental .Certaines neurohormones sécrétées par le cerveau , sérotonine , mélatonine et dopamine sont donc impliquées dans l’humeur et le comportement La dopamine et endorphine gouvernent le système de récompense, associé à la sensation de plaisirs. D’autres hormones comme la leptine et la ghréline conditionnent le comportement alimentaire et la balance énergétique dont dépendent la quantité de masse grasse dans le corps et donc le poids.

De nombreuses observations mettent en évidence une relation étroite entre l’efficacité des défenses immunitaires et le statut hormonal, en particulier les taux de cortisol, d’insuline, de catécholamines et de neuromédiateurs ; le stress et la dépression sont deux situations qui diminuent l’efficacité des défenses immunitaires.

Bien que partiellement fixée par la génétique, la régulation de la sécrétion hormonale est en grande partie sous l’influence de facteurs environnementaux qui sont pour la plupart modulables. En agissant sur ces paramètres extérieurs comme l’alimentation, l’activité physique, la réactivité au stress, la qualité du sommeil, l’exposition à la lumière, en éliminant les environnements toxiques, on peut influencer le statut hormonal dans son ensemble.

Les techniques fondées sur la relaxation dont l’hypnose et l’auto-hypnose exercent des effets bénéfiques, notamment sédatifs et vasculaires, en modulant le taux de certaines hormones et le fonctionnement du système nerveux végétatif. On constate une diminution des hormones du stress, cortisol et une augmentation des neurohormones du bien-être, endorphines et sérotonine ;l’état de relaxation, est associé à une moindre activité du système nerveux sympathique avec une diminution du rythme cardiaque, un ralentissement de la respiration, une baisse de la pression artérielle et une diminution des tensions du corps et de même que le sommeil et l’exercice, la relaxation s’oppose à l’inflammation.

Le sommeil est un des régulateurs hormonaux les plus naturels, il diminue l’inflammation et prévient l’obésité. L’hypnose et l’auto-hypnose constituent un traitement efficace et rapide de l’insomnie.

L’hypnose intervient en amont de la réponse de l’hypothalamus, en relation intime avec l’hypophyse, cette petite glande située dans le cerveau et qui régule l’ensemble de nos sécrétions hormonales. Pendant l’état hypnotique l’hypothalamus met en œuvre un processus de régulation orienté vers la stabilité, neutralisant ainsi la réaction de stress et ses conséquences néfastes. L’hypnose intervient sur ce schéma (stress=symptôme et maladies ) en agissant directement sur le mieux être ; elle initie le processus de guérison par le billet du psychisme. On peut donc affirmer que l’hypnose génère un décodage différent au niveau inconscient, entraînant des modifications notables et quantifiables. Des revues scientifiques de renommée internationale, le British Medical Journal, le Lancet, le New England of Medicine, ont publié les résultats d’études réalisées «en double aveugle», confirmant la capacité de régulation obtenue par le processus hypnotique au sein des fonctions vitales de l’organisme : taux de l’oxygène dans le sang, pression artérielle, sécrétions digestives , modification de la coagulation sanguine avec disparition du saignement du champs opératoire en chirurgie , par un changement du tonus des vaisseaux sanguins L’une des nouvelles avancées les plus intéressantes dans le domaine de la recherche actuelle est la régulation des facteurs immunitaires, notamment le taux d’interleukine 2, dont on utilise désormais l’action thérapeutique. Comment s’opère cette transduction d’un état psychique en une réalité somatique et inversement? Chacun s’accorde aujourd’hui à reconnaître que l’hypnose est une variable importante dans la mise en action de ce processus de transduction, et que le système hypothalamolimbique est le transducteur (le transformateur ) le plus puissant dans cette connexion corps/esprit.

 

Par Michel Blais hypnothérapeute à Laval P.Q.

Bachelier de l’université d ‘Ottawa

Membre A.N.N. et A.H.Q.

 

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :

Dr. jacky Thoin Nos hormones et la santé 2005

Dr. Victor Simon Du bon usage de l’hypnose 2000

Dr. Gilbert Tordjemann hypnosexe 2001

Dr. G.R.Rager Hypnose Sophrologie et Médecine 1973